Mémoires de guerre
L’art, en plus de ses fonctions esthétiques, politiques ou narratives, constitue une archive de l’histoire de l’Humanité. Les grands évènements de l’histoire de l’humanité ont presque tous été rapportés par les artistes de l’époque : les religions nouvelles, les cataclysmes dévastateurs, les voyages et les découvertes ont été « archivés » par l’homme grâce à l’art. Les œuvres de toutes époques constituent une vue d’ensemble de la mémoire de l’histoire humaine.
La Bande Dessinée, étant un art nouveau, n’a pas le même passé que des arts anciens tels que la sculpture ou la littérature. Cependant, ce dernier siècle a été le théâtre d’événements marquants de l’Histoire. Les deux guerres mondiales, les génocides des Juifs, des Arméniens et des Tutsi, la guerre froide, sont autant de thèmes marquants qui sont repris dans de nombreuses BD. On remarque également que certains sujets sont plus abordés dans certains pays que dans d’autres, souvent d’un point de vue totalement différent. Alors que la BD franco-belge et les comics américains adoptaient le point de vue simpliste du soldat allié héroïque qui luttait contre les sauvages et sanguinaires Japs, les mangas japonais réalisent une véritable étude de ce conflit, notamment dans Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa, récit autobiographique dans lequel l’auteur expose sa vie juste après le bombardement atomique de la ville d’Hiroshima, dans laquelle il perdit sa famille. L’événement qui revient le plus souvent, celui qui a le plus marqué les mentalités, qui a bouleversé l’univers artistique reste sans aucun doute le génocide des Juifs par les nazis durant la seconde guerre mondiale.
L’une des Bandes Dessinées les plus marquantes sur le sujet est sans conteste Maus de Art Spiegelman. Ce dernier est le fils d’un survivant du camp de Auschwitz-Birkenau. Il a recueilli son témoignage, peu avant sa mort, et l’a adapté en BD. Maus est à la fois l’histoire d’une relation père fils difficile et l’histoire d’un survivant. Spiegelman joue beaucoup sur la dualité de la personnalité de son père : c’est un homme qui a enduré des épreuves uniques et inhumaines, mais c’est également une personne insupportable dans la vie de tous les jours, égoïste et avare. Le personnage du fils est constamment tiraillé entre ses sentiments de respect et d’admiration et son agacement envers l’attitude de son père.
Le format de Maus est un format comic typique, plus petit que la BD franco-belge. Le récit étant entièrement rédigé et dessinée en noir et blanc, et les cases étant très nombreuses sur des pages relativement petites, l’auteur peut insister, selon la scène, sur la quantité de noir sur une page. Le noir est parfois omniprésent sur une page entière. Cela crée très vite un sentiment d’oppression, de tristesse et d’étouffement. La seconde spécificité de cette BD réside dans la représentation des personnages. Spiegelman ne représente pas les personnages de façon réaliste. Tous ses personnages sont des animaux. A chaque peuple correspond une espèce particulière. Les Juifs sont des souris (d’où le titre du l’œuvre), les Allemands sont des tigres, les Polonais des cochons, etc… Spiegelman contourne ainsi une grande difficulté technique de son entreprise : quel visage donner à des hommes et des femmes qui ont réellement existé, mais qui sont pour la plupart mortes aujourd’hui ? Ce zoomorphisme est inspiré de la propagande de Goebbels, qui attribuait à chaque pseudo-race humaine un type d’animal. Spiegelman insiste ainsi sur la logique nazie : un individu n’est pas considéré pour son individualité mais pour son appartenance à un groupe ethnique ou religieux. Il est complètement déterminé par son appartenance ethnique. Mais ce choix apporte surtout et avant tout une valeur symbolique à son œuvre. En choisissant de ne pas donner une identité claire à chaque personnage, y compris lui-même et son père, Art Spiegelman confère une valeur universelle et symbolique à son œuvre. Chacun d’entre nous pourrait être cette souris agonisante dans un camp, comme il pourrait également être ce tigre en uniforme qui bat à mort un prisonnier sans raison.
Maus, c’est l’histoire d’un déporté et d’un rescapé, mais c’est aussi l’histoire d’un fils déchiré entre sa relation conflictuelle avec son père et son sentiment de culpabilité pour avoir une vie infiniment meilleure que celle de ses parents. C’est également un témoignage sur les conséquences fatales de la déshumanisation, autrement dit la disparition de la solidarité, de l’amitié, de la confiance. Cette Bande Dessinée frappante a été traduite en dix-huit langues. Elle a été récompensée par le prix Pulitzer en 1992.
Il est intéressant de noter le contraste qui existe entre la noirceur et la dureté du thème abordé et le support. La Bande Dessinée est considérée par beaucoup comme un objet de divertissement, dont le but est avant tout de divertir, non pas de s’attaquer à des sujets aussi complexe que la Shoah. Art Spiegelman contribue ainsi à rompre la frontière qui existait entre les arts dits sérieux, aptes à traiter de sujets difficiles, et l’art plus considéré comme plus simple, plus futile. Mais comment a-t-il procédé ? Comment a-t-il, à partir des codes de comics, BD de journal et de super-héros, représenté la fuite désespérée de son père et de sa mère, leur arrestation humiliante, leur vie inhumaine dans le camp d’Auschwitz-Birkenau ?
Pour répondre à cette question, plongeons-nous dans l’œuvre, et observons plus attentivement le travail de l’auteur. Au premier abord, on remarque tout de suite la différence entre les planches relatant le dialogue père-fils et les planches issues du récit du père. Les premières présentent une disposition des cases très régulière et un dessin net et clair. Le dialogue l’emporte souvent sur le dessin. Dans le second type de planche, l’omniprésence du noir, la disposition chaotique des cases, souvent de taille différente, crée très vite un sentiment de mal-être, d’oppression.
C’est une de ces planches que nous allons étudier. La scène est donc tirée des souvenirs de Vladek, le père de Art. Il se trouve séparé de sa femme, Anja, dans le camp d’Auschwitz. Anja se trouve dans le camp de Birkenau, situé à quelques kilomètres de là. Inquiet pour sa femme, Vladek a fait son possible pour être envoyé à Birkenau en tant que zingueur. A plusieurs reprises, il peut voir sa femme, lui parler, et même parfois lui faire passer de la nourriture, toujours en encourant des risques énormes. Malgré toutes ces précautions, il est quand même surpris un jour par un SS. La planche que nous analyserons relate cette mésaventure.
Cette planche est composée de huit cases aux formats différents. Cette séquence de huit cases constitue une unité narrative presque continue. On remarque, comme dans toutes les planches mémoire, la dominance du noir.
La première case est accompagnée d’un récitatif, qui synthétise toutes les rencontres précédentes entre Vladek et Anja. En le lisant, on comprend que cette rencontre sera différente des autres : « Une fois j’ai vraiment eu des ennuis ». On ne le remarque pas vraiment sur cette planche, mais pour différencier ses discussions en anglais avec son père (langue qu’il ne maîtrise pas bien) et les dialogues en polonais et en allemand dans les mémoires, Spiegelman utilise une syntaxe simplifiée lorsqu’il fait parler son père en anglais. Par contre, son père parle parfaitement dans les passages qui relatent ses souvenirs. La focalisation du dessinateur est située derrière Anja, qui à son tour observe les ouvriers qui rentrent à Auschwitz après leur travail. Les figures sont sous l’ombre, totalement noires. Courbés, comme tous les jours, les ouvriers marchent en file en portant leurs outils de travail. Dans le fond, un bâtiment, qui fait partie des baraquements du camp. Des fenêtres fermées par des grilles couvrent le mur à intervalles réguliers. On retrouve le symbole de la grille sur le toit, l’échelle et dans la flaque, ainsi que dans presque toutes les cases. Ce thème récurrent symbolise l’enfermement, la réclusion. Il fait penser aux barreaux d’une cage. On retrouve également le thème du travail, qui se rapporte à la devise du camp : Arbeit macht frei. Sur les six silhouettes représentées, cinq portent un instrument de travail de façon apparente : c’est leur seule occupation durant la journée. La prisonnière au premier plan, la tête courbée, porte un tonneau. Cette monotonie est rompue par la rencontre entre la mère et le père de Spiegelman. Le cri de Anja est répété trois fois, en gras. Vladek lui répond de manière affectueuse par chérie. Cela semble tout à fait déplacé dans le contexte de l’action. Tout de suite reviennent les préoccupations matérielles, autrement dit la nourriture que Vladek a réussi à faire parvenir à sa femme.
Cette rencontre fortuite entre les deux amoureux est représentée dans la seconde case, de plus petite taille que la première. Un petit récitatif résume la brève conversation. On retrouve dans celle-ci la reconnaissance, la gratitude d’Anja et l’amour de Vladek pour sa femme. Les phrases sont simples, courtes, mais intenses. La répétition du mot toujours confère une valeur d’atemporalité à leur amour. Cette atemporalité s’oppose en tous points à l’univers meurtrier dans lequel ils vivent, où jamais rien n’est assuré, et où l’on peut mourir à tout moment, pour n’importe quelle raison. Pourtant, le thème de l’enfermement est toujours palpable, à travers les uniformes de prisonnier, le symbole de la grille que l’on retrouve sur les fenêtres, le toit et l’échelle. Cet instant d’intimité est bref : une minute seulement. Le thème de l’amour pour Anja revient tout au long de l’œuvre : c’est peut être ça qui a fait tenir le père de l’auteur au milieu de cet univers où chacun est livré à soi-même, ou même les amitiés les plus fortes se rompent.
Malheureusement pour lui, Vladek a été repéré par un garde. La troisième case a un fond totalement noir. Le SS apparait entouré d’une sorte d’auréole blanche, que l’on pourrait apparenter à un flash lumineux, symbolise la surprise, la peur du prisonnier. Le gardien crie à Vladek de s’arrêter : on retrouve ce cri dans le récitatif et dans les majuscules du phylactère. Le garde, ou plutôt le tigre à l’expression menaçante, aux dents proéminentes, agressives, tient dans une main un sifflet, symbole d’autorité, de contrôle. De l’autre, il intime au détenu l’ordre de s’arrêter. C’est la figure de l’autorité, mais agressive, menaçante.
A partir de ce moment, les événements vont s’enchainer. Les trois cases de la seconde ligne sont relativement petites par rapport aux autres. La narration s’accélère. Après l’avoir interpellé, le soldat interroge Vladek, de manière autoritaire, les mains sur les hanches. Le tutoiement indique ici le peu de respect dans lequel il le tient. Les points de suspension dans les paroles du prisonnier soulignent ici son hésitation, sa crainte. On remarque le contraste marquant entre le tigre, droit, robuste et le prisonnier, maigre, la tête courbée. Ce dernier porte une caisse à outil, il travaille. Le SS n’est là que pour le surveiller. Il porte un uniforme à sa taille, bien taillé, des bottes militaires. Les vêtements de prisonnier de Vladek sont trop grands pour lui. Le SS est supérieur par sa fonction, par sa stature, par son uniforme. Cette fois-ci, le thème de l’enfermement n’est pas uniquement symbolisé par des motifs de grille, il est bien réel : les barbelés et le mirador ne permettent pas le doute.
Dans la case suivante, le garde emmène Vladek. Dans le fond, on aperçoit uniquement la silhouette noire du bâtiment vers lequel les deux personnages se dirigent. Vladek tente de s’expliquer, en mentant, bien sûr, pour se protéger, lui, et sa femme. Le garde n’écoute pas le moins du monde son explication : sa réponse, brusque, impérative, aurait été la même quelle que soit la justification inventée par Vladek. Le dialogue est impossible. On remarque les gestes faits par les deux personnages : Vladek, de sa main droite joint le geste à son explication. Le SS, lui, toujours de la même main, le tient fermement par l’épaule.
La sixième case est plus large que les précédentes. On observe la scène d’un point de vue totalement opposé à celui de la cinquième case. On se retrouve face aux personnages. Ils ont toujours la même position : Vladek avance en premier, fermement tenu par le garde. Celui-ci a visiblement l’intention de le punir pour sa discussion avec Anja. Le verbe compris est en gras dans le phylactère, ce qui signifie, dans le langage des comics américains, que le personnage accentue, voire crie, le mot au milieu de la phrase. On comprend mieux ses intentions grâce au ton qu’il emploie. Profitant du prétexte pour le frapper, il l’insulte de « maquereau de Yid », l’accuse de flirter et de bavarder. Les prisonniers peuvent être battus parce qu’ils parlent entre eux. L’expression de la souris est bouleversante : désemparé, craintif, Vladek, a les mains ouvertes, paumes apparentes, comme s’il était prêt à être jeté à terre. Le tigre, de profil, l’observe, l’air menaçant, la matraque brandie, prêt à frapper. Comme dans les autres cases, on retrouve le motif de la grille, utilisé pour l’ombre sur le mur.
La septième case, de même dimension que la sixième, présente un point de vue en contre plongée. Cette focalisation grandit le SS, le rendant, tout comme l’aborigène dans La Ballade de la Mer Salée, plus menaçant et inquiétant. Le lecteur peut également, grâce à ce point de vue, constater la souffrance de la souris battue. La grimace du visage qui crie est rendue encore plus effrayante et frappante par cette focalisation. Les mains crispées sur le rebord de la table, donnent l’idée de la douleur ressentie par le personnage. Le sadisme de la sanction infligée à Vladek par le SS se retrouve dans le sourire mauvais et satisfait, à peine perceptible, figé sur son visage. L’éclat et la force des coups se retrouvent dans le même type de flash lumineux que dans la troisième case. Cet éclat, bref, sec et violent est repris dans la forme des phylactères qui contiennent les cris de Vladek.
La dernière case prend toute la largeur de la page : elle a plus une valeur descriptive que narrative. Le récitatif rapporte les paroles de Vladek à son fils, plus de trente ans après les événements. On reconnait cet amour, sa dévotion pour sa femme, le même qu’en début de page. Le thème de l’indicible est aussi présent : « je peux pas te dire ». Cette impossibilité de communiquer reste une expression dans ce cas précis, mais elle n’est pas innocente : un ancien déporté, un survivant aura toujours du mal à raconter ce qu’il a vécu. C’est une expérience tellement unique dans sa cruauté et son inhumanité qu’elle est très ardue à exprimer par des mots. Au niveau du dessin, on constate l’absence de dialogue. Cette case décrit le retour à la routine du camp. Après ce court épisode, la vie reprend son cours. La longue file de prisonniers rentre aux baraquements. Il y a un renvoi clair vers la première case.
Cette planche représente un événement spécifique dans la vie du camp. Celui-ci est choquant, inhabituel, mais il est encadré par la première et la dernière case qui représentent la routine du camp : les prisonniers sont habitués à subir ce genre de traitements sadiques et totalement gratuits. Ils sont habitués à baisser la tête. Ce genre de mésaventure rentre dans le quotidien de tout prisonnier. La planche est également intéressante parce qu’elle met en avant les sentiments de réclusion, d’emprisonnement ressenti par les prisonniers grâce aux motifs, figurés ou abstraits, de grilles. La thématique du travail, constant, épuisant, souvent inutile, n’est jamais clairement exprimée, mais est bien visible.
Art Spiegelman a su dépasser l’apparente superficialité du genre pour réaliser une œuvre unique en son genre. Son succès mondial n’est pas sans raison : il s’agit d’un véritable travail de mémoire documenté et approfondi. La preuve en est qu’il a reçu le prestigieux prix Pulitzer.
Les BD témoignage sont généralement le fruit d’une expérience et d’un travail de recherche très poussé. On peut prendre l’exemple de Jean-Philippe Stassen, grand voyageur belge, passionné du continent africain. Contrairement à d’autres auteurs plus rêveurs comme Hugo Pratt ou Jacques Ferrandez, il présente une réalité dure, dénuée de tout le lyrisme qui accompagnait l’œuvre de Pratt et l’espoir qui entoure celle de Ferrandez. Stassen a vécu au Rwanda juste avant le génocide de 1994. Juste après ce dernier, il réalisera Deogratias, une Bande Dessinée évoquant, tout comme Maus, l’indicible. L’authenticité de cette œuvre est assurée par le fait que Stassen connaît parfaitement la région et la société rwandaise. De telles œuvres font office de témoignage historique.
Conclusion et bibliographie
Conclusion
La Bande Dessinée est un art hybride. Son inspiration première est la littérature. Elle lui emprunte la variété de ses intrigues, la subtilité de ses procédés narratifs et la spontanéité de ses dialogues. Vient ensuite le dessin, la peinture : bien qu’à plus petite échelle, les dessinateurs peuvent exprimer leur talent d’illustrateur, non pas sur une toile mais sur une planche. La photographie a également beaucoup apporté à la BD, notamment grâce aux progrès en matière de focalisation et de cadrage. Certains auteurs n’hésitent pas à placer des photographies dans leur œuvre, comme dans Le photographe de Guibert et Lemercier, avec les photographies de Didier Lefèvre. Enfin, et ce n’est pas le moins important, la BD s’inspire du cinéma. C’est un art capable de jouer sur le temps, contrairement aux trois autres cités auparavant. La composante temporelle a une importance prédominante dans la Bande Dessinée, et c’est cela qui fait son intérêt. Réussir, en disposant d’une certaine façon des instantanés, à recréer l’illusion du temps qui s’écoule. Pour que cette construction soit harmonieuse, le dessinateur joue sur les cases, leur taille, leur emplacement, leur forme. On peut ainsi recréer l’impression d’un zoom, d’un travelling.
La thématique de la guerre a vite trouvé une place dans l’univers de la Bande Dessinée. Au tout début, alors que la fonction première de la Bande Dessinée était de divertir les enfants, de nombreux héros, aventuriers et bienfaiteurs de toutes époques, imaginaires ou réalistes, ont vu le jour. A travers ceux-ci, on peut déceler les malaises, les préoccupations de la société de l’époque. On retrouve ainsi dans les super-héros américains qui luttent contre le Mal le besoin des Etats-Unis d’affirmer leur puissance et leur suprématie morale face à l’URSS.
Peu à peu, surtout en Europe, la BD s’est faite art à part entière. En France et en Belgique notamment, les amateurs, les Bédéphiles, ne recherchent plus uniquement l’évasion d’un moment dans leurs Bandes Dessinées. Leur demande se fait plus exigeante : les œuvres de la seconde moitié du siècle deviennent de plus en plus travaillées, élaborées. Au fur et à mesure que la technique s’améliore, grâce à l’informatique notamment, les sujets abordés se font plus complexes, plus politiques. Certains artistes engagés, tel Tardi, obnubilé par la première guerre mondiale, prennent position, dénoncent, accusent grâce au dessin et à l’écriture. La BD n’est plus uniquement un art de divertissement.
Des Bandes Dessinées telles que Maus ou Auschwitz prouvent que le genre pouvait également représenter des sujets très difficiles, et apporter un point de vue nouveau à des sujets tels que la Shoah.
Ce qui fait l’intérêt de la Bande Dessinée, c’est surtout le rapport entre le dit et le non-dit. La Bande Dessinée n’est pas comme le théâtre, la danse ou le cinéma, un art temporel continu. La Bande Dessinée est faite d’ellipses continuelles. Evidemment, ces ellipses sont plus ou moins courtes, mais ce facteur permet à l’auteur de jouer sur la part du récit qu’il représente et celle qu’il laisse à l’imagination du lecteur. Cette partie est contenue dans ce que l’on appelle la gouttière, l’espace situé entre les cases. Souvent, les évènements qui se déroulent dans la gouttière sont évidents, mais parfois, l’auteur laisse volontairement une ambiguïté apparente qui ajoute une dimension nouvelle à l’histoire.
Bibliographie
Oeuvres étudiées La ballata del mare salato, de Hugo Pratt, Cong SA, 1967
Putain de Guerre, de Jacques Tardi, Casterman, 2008
Maus, de Art Spiegelman, Flammarion, 1992
Œuvres citées Gilgamesh, Gwen de Bonneval et Frantz Duchazeau, Dargaud, 2004 X-men , Marvel France, 2002
Auschwitz, de Croci, Edition du masque, 1993
Gen d’Hiroshima, de Keiji Nakazawa, Vertige Graphic, 2003
Carnets d’Orient, de Jacques Ferrandez, Casteman
La Ligne de Front, de Manu Larcenet, Dargaud, 2007
Deogratias, de Jean Philippe Stassen, Aire Libre, 2000
Azrayen, de Lax et Giroud, Aire Libre, 1998
Le photographe, de Guibert, Levèvre et Lemercier, Aire Libre, 2003
Ouvrages de référence
L’art et la Guerre, les artistes confrontés à la seconde guerre mondiale, de Lionel Richard, Flammarion, 1995
La Bande Dessinée Mode d’emploi, de Thierry Groensteen, Les Impressions nouvelles, 2007
La Bande Dessinée à l’épreuve du réel, coordonné par Pierre Alban Delannoy, L’Harmattan, 2007
Remerciements
Merci à Madame Oléon, professeur d’Histoire des Arts et de Philosophie, et à Madame Bernaudin, professeur d’Histoire des Arts et de Français, pour m’avoir guidé tout au long de mon travail.
Merci à Monsieur Bougault, ses conseils et sa librairie L’Aventure.
Merci à mon oncle bédéphile Pierre-Etienne, sans lequel je n’aurai sûrement pas réalisé ce dossier.
Merci à la librairie Le Yéti de Cholet et à ses vendeurs qui ont su me renseigner et m’aider.