jeudi 21 octobre 2010

Présentation de l’installation " Retransaltion" de Peter Welz

Une installation vidéo réalisée par P.Welz sur les mouvements du danseur W. Forsythe, à partir d’un tableau inachevé de Francis Bacon

Visite de l’installation présentée à la GNAM de Rome le 6 octobre, par Luisa T., terminale L.
L’installation " retranslation" du vidéaste Peter Welz met en scène dans le vaste espace blanc de la GNAM, trois écrans de très grande taille et le tableau de Bacon " unfinished portrait" qui représente un tableau inachevé dont on ne sait s’il s’agit d’un autoportait ou du portrait de son compagnon. Sur les écrans nous suivons les mouvements du chorégraphe William Forsythe. Cette installation a été exposée pour la première fois au Louvre en 2006.
Le tableau de Bacon est constitué de lignes et de cercles qui tracent des mouvements dans l’espace. Le visage est flou, tout semble en évolution.
En réponse, des deux côtés des écrans s’anime l’image de Forsythe qui danse avec des mines appliquées sur ses gants et souliers de telle sorte que les mouvements laissent une trace sur l’espace blanc. La caméra étant fixe, l’artiste se meut dans un espace délimité qui rappelle l’espace pictural, un espace à parcourir. Les trois écrans mettent en scène la même vidéo mais les points de vue sont différents : dans l’espace central par exemple, on voit, en plongée,Forsythe danser. Au fur et à mesure que le danseur se déplace, il trace des lignes sur la surface blanche qui rappellent les traits du tableau de Bacon.
La danse de Forsyhte n’a aucune grâce ; les gestes s’accompagnent de chutes. Le danseur est souvent à quatre pattes. Il n’y a pas de zoom sur le visage, l’identité est effacée comme dans de nombreuses oeuvres de Bacon. Les mouvements convulsifs, presque bestiaux rappellent l’idée de Bacon : " nous sommes des viandes vouées à la mort." De même, le cadre fixe dans lequel danse Forsythe rappelle l’espace du peintre où les figures sont souvent isolées, encadrées, limitées dans l’espace par l’oval en particulier.
Le thème de l’adaptation est capital ici ; s’effectue une transposition de la figure en mouvement. Il y a, en quelque sorte, une mise en abîme : une figure ( Forsythe) inscrit une figure ( celle de Bacon) dans un espace donné. Le titre de l’oeuvre prend sens, il s’agit bien d’une " retraduction". Les traces laissées par Forsythe deviennent une sorte de double du portrait de Bacon. Les arts se mêlent, danse, peinture, vidéo coexistent en une seule oeuvre. Tout cela est accompagné par des sonorités, les bruits du danseur, de ses chutes, le bruit des traces laissées sur la surface. On ne transpose pas seulement le pictural dans le mouvement - espace/temps- mais aussi dans un espace sonore.
Nous pouvons donc nous demander ici quelle est l’oeuvre d’art ? Est-ce le tableau de Bacon ? La danse ? Le résultat des traces ? La vidéo ? L’installation parcourue par le spectateur dont la perception varie selon les points de vue du visiteur ? C’est le propre d’une installation de mêler les différents arts et d’en appeler aux différents sens.