mardi 28 mai 2013

LEONIE YOUNG ET MATHILDE LAVENNE EN RESIDENCE A L’ATELIER WICAR

 par Fiona C. et Clémence C.

les élèves de terminale L ont reçu les deux jeunes artistes de la ville de Lille mardi 28 mai 2013

Le Lycée Chateaubriand a eu l’honneur d’accueillir, le 28 mai 2013, deux jeunes artistes plasticiennes de la ville de Lille, Léonie Young et Mathilde Lavenne, artistes pluridisciplinaires qui utilisent en effet plusieurs média pour réaliser leurs œuvres : la photographie, le dessin, l’enregistrement vidéo et l’installation.
Ces jeunes artistes primées pour la résidence Wicar, se sont rendues à Rome pour une durée de trois mois dans l’optique de réaliser un projet commun. Celui-ci sera produit à travers l’expérimentation et le travail sur le territoire de la ’’ville musée’’.
Afin de mieux comprendre leur dynamique, les deux artistes nous ont expliqué leur parcours et leur démarche personnelle.
Mathilde Lavenne a eu son diplôme aux Beaux Arts et obtenu un post diplôme, une spécialisation à Strasbourg, où elle a appris les techniques concernant les matériaux (verre, métal..). En 2010 elle a vécu sa première expérience en résidence, où elle a suivi un projet européen de financement : « Landscape City People ». Pour elle, il s’agit d’une première opportunité : le projet," Spaghetti Western", lui a permis de mettre en valeur un travail fortement lié au territoire euro-région.
En nous parlant de ce projet, la jeune artiste dit : "Un acte créatif peut devenir une œuvre". Voici l’une des œuvres présente dans la série ’Spaghetti Western" :
spaghetti western

Mathilde commente son oeuvre : " Intervention sur structure urbaine. Un acte créatif qui part d’une mise en scène ; d’une construction mentale de l’espace par l’artiste.’’
Un an plus tard, Mathilde Lavenne a créé une installation, une structure en verre qu’elle a nommée "Nous sommes tous des dévoreurs de lumière" : liée à l’idée sur le rapport entre l’homme et la nature, la jeune artiste nous explique brièvement son choix : la lumière est pour elle l’élément essentiel pour la création, mais il s’agit aussi d’une condition nécessaire rendant la vie possible. Ce projet s’est aussi présenté comme une possibilité pour Mathilde Lavenne d’intégrer des questions scientifiques (l’installation se veut un prisme dont les couleurs représentent le cercle chromatique).
En 2012, Mathilde Lavenne s’est rendue à Bruxelles afin de créer un nouveau projet à l’Atelier Graphoui. Le projet final "Out of Space" est réalisé à l’aide d’une équipe d’animateurs sous forme de court métrage, un court métrage produit à l’ancienne, traditionnellement, c’est à dire par une succession de dessins sur papier, bien que ceux ci aient ensuite été numérisés : l’artiste nous fait donc part d’un travail sur le visuel, auquel elle a intégré pour la première fois les technologies nouvelles.
Léonie Young, quant à elle, dans son propre parcours d’artiste, a choisi de se focaliser sur le paysage, notamment urbain. Il s’agit d’ interpréter de nouvelles visions sur le paysage en portant une attention toute particulière au détail : ainsi, face au monumental de la ville, Léonie Young s’intéresse aux objets plus inattendus, qui passent inaperçus. Comme elle le souligne elle même, son travail consiste à "mettre en valeur l’ordinaire plutôt que le spectaculaire".
En 2008, Léonie Young a réalisé une de ses premières séries qu’elle a nommé "Le terrain du jeu quotidien", en voici une photographie :
La jeune artiste nous dévoile son approche du territoire. Dans ses travaux, elle porte un regard sur l’habitat et la rue, nous expliquant que celle-ci est la création d’un lieu de passage, donnant naissance à des installations hasardeuses, à partir d’objets du quotidien. Elle souhaite en outre montrer par son travail la frontière entre les lieux publics et les lieux privés et s’interroge sur le hasard et la mise en scène de ses photographies.
Un an plus tard, en 2009, Léonie Young met en place au Québec, avec la collaboration de Laurence Cathala un espace d’exposition. Il s’agit en fait d’un espace inaccessible physiquement au spectateur, qui ne peut que voir, par une vitrine, un vidéo montrant l’arrivée et le départ d’un navire dans un port, accompagné de feux d’artifices, qui peuvent aussi être interprétés comme des feux de détresse.
Toujours au Québec L. Young entreprend de nouvelles photographies, dont la suivante :
Cette image fait partie d’une série nommée " Burn Out", photographies prises lors d’une course de voitures. Elle intègre dans ces photos son intérêt pour l’annexe et pour le périphérique, une esthétique de l’instant fort et décisif, juxtaposé aux moments d’ennui, d’attente lors d’une course de voitures.
Enfin, le projet commun à ces deux artistes, dont le travail est différent, mais la façon de procéder est très semblable (prélèvements, reconstruction d’objet et rapport au territoire travaillé) se déroule sur trois mois à Rome. Les deux jeunes femmes se sont lancées dans un processus de recherche fondé sur l’exploration de la ville patrimoine, à Rome mais surtout à la périphérie. Cette exploration consiste à découvrir ce qui constitue la ville, en particulier grâce aux prélèvements des matériaux comme le travertin qu’elles ont trouvé à Tivoli ou le marbre de Carrara. Il s’agira d’une installation réalisée à partir d’un travail d’archéologie matérielle et symbolique dont on a pu voir quelques ébauches. C’est avec enthousiasme que les artistes définissent Rome comme étant "une ville œuvre, une sculpture en elle même".
Leur exposition "Made of Dust" se tiendra à Rome en novembre prochain. Nous attendons impatiemment cette date afin de découvrir le résultat final du travail de ces jeunes artistes talentueuses, qui au delà du spectaculaire, recherchent un rapport simple au paysage naturel et urbain.
Mathide et Léonie au Lycée.