vendredi 21 novembre 2008

Un atelier un peu spécial

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Le 23 octobre, la classe de terminale d’Histoire des Arts s’est rendue à Via del Vantaggio pour rencontrer une jeune artiste en résidence, Emmanuelle Flandre et voir l’ atelier dans lequel elle travaille, l’atelier Wicar.
Emmanuelle Flandre est une jeune artiste, mais elle a déjà à son actif une licence d’Arts Plastiques à l’université Jules Verne d’Amiens, un diplôme aux Beaux-Arts et de nombreuses expositions. Elle va maintenant habiter à Rome pour découvrir la ville et s’en inspirer pendant trois mois grâce à la fondation Wicar de la ville de Lille, où elle vit et travaille.
Son atelier est une grande salle blanche et lumineuse avec des grandes fenêtres qui regardent les toits et les maisons du centre de Rome ; ce lieu appartient à la ville de Lille depuis 1834 et Lille le prête chaque année à 4 artistes pendant une période de 3 mois pour leur donner la possibilité de découvrir Rome et de s’en inspirer dans leurs oeuvres.

D’abord l’artiste nous a montré sur l’ordinateur une série d’œuvres qu’elle a réalisée. Il s’agit dans sa démarche de détourner des objets manufacturés ou des matières plutôt que de fabriquer du nouveau. Mais, elle nous a aussitôt expliqué qu’ici elle ne pouvait travailler de la même façon car elle est arrivée en avion et ne pouvait déplacer son atelier personnel. Elle s’est fixée comme objectif de travailler avec cette contrainte, car les contraintes sont importantes pour un artiste à son avis.
Elle nous a ensuite laissé regarder l’atelier : il y avait collées au mur des dizaines de morceaux de papier - calques sur lesquels elle avait reproduit parfois en les coloriant des statues romaines, le Colisée, des scooters, des églises… et puis sur une autre table de nombreuses brochures et livres sur Rome. Quelqu’un lui a demandé pourquoi elle avait décidé de travailler sur du papier-calque. Elle a expliqué que, quand elle était arrivée, elle avait vu que les artistes venus précédemment avaient laissé des brochures sur Rome, elle les a feuilletées et s’est aperçue que toutes les images de Rome étaient déjà là.
Elle s’amuse donc à décalquer ce qu’elle trouve dans les livres de façon fidèle mais en mettant des couleurs très fortes. Elle compose directement au mur ; elle réalise des petits motifs et puis elle les déplace, elle change souvent l’organisation selon des rapports d’analogie. Emmanuelle Flandre a voulu voir en effectuant ce travail à partir de quel moment l’image devient un motif : parfois on connaît des œuvres d’art sans les avoir jamais vues.
Pour l’instant, elle désire s’approprier les lieux en image avant de les découvrir réellement de façon à avoir une connivence avec ce qu’elle a déjà dessiné. Son idée est donc celle de détourner les images comme elle avait par le passé détourné les objets et les matières. L’artiste en effet ne représente pas l’œuvre mais la représentation de l’œuvre, elle interroge notre reconnaissance des images. À partir de quand la représentation est-elle tellement usée qu’on ne sait plus d’où elle vient, où elle se trouve et qui l’a réalisée ?
Pour l’instant, et l’artiste souligne ce terme, pour l’instant elle veut travailler en respectant cette contrainte, mais elle ne sait pas encore ce que donnera son atelier à la fin de ces trois mois. Il se peut que le mur soit entièrement couvert de papier - calques ou au contraire il se peut qu’elle prenne un tout autre chemin.
La seule chose qu’il nous reste à faire est donc d’attendre et repasser par ici avant le 18 décembre pour voir comment a évolué l’atelier.
Olimpia F., terminale ES

Juliette Binoche et Akram Khan au festival Roma Europa

On ne peut parler de théâtre, mais encore moins d’une simple chorégraphie lorsque l’on fait allusion au spectacle auquel ont assisté les terminales d’histoire des arts le 5 novembre au teatro Olimpico dans le cadre du Festival Roma Europa….
Une lumière rouge réfléchie sur un mur blanc, deux chaises. Ainsi se présente la scène de IN-I, spectacle où Juliette Binoche et Akram Khan mélangent danse, musique, chant et récitation. Elle est connue comme actrice, lui est l’un des représentants majeurs de la danse contemporaine.
Ce couple franco-anglo-indien a porté sur scène, en habits et gestes quotidiens, le défit qui depuis des années sépare hommes et femmes. « I was 14 years old » dit Binoche. Elle était seule, au cinéma. C’est là qu’elle a aperçu la sombre silhouette de celui qu’elle allait considérer comme l’homme de sa vie. Sa pensée lui parut incroyable. Il ne va jamais l’accepter « Que vais-je lui dire ? J’ai vu la silhouette de ton visage dans l’ombre et je sais que je veux partager ma vie avec toi ? »
C’est dans un constant changement de musiques et de lumières que le quotidien des deux amants, entre lutte et amour, est représenté. La musique et la chorégraphie ne sont pas liées. Les sons sont représentatifs des différents états d’âme des danseurs. Répliques, chuchotements, chansons animent le spectacle. Il y a une véritable histoire dans laquelle le spectateur a du mal à s’inscrire dès le début, mais il y sera plongé par les répliques que Khan et Binoche semblent lui adresser.
Clémentine S., élève de T.L

La troupe Montalvo-Hervieu et Gerswhin

Métissage, révolte et espoir : un article de Selene O. Terminale L

Le 13 novembre 2008 les élèves du groupe terminale histoire des arts sont allés à l’auditorium conciliazione voir le dernier spectacle du couple de chorégraphes français Montalvo-Hervieu : « Good Morning, Mr Gershwin »
Un spectacle de métissages
La scène est composée d’un grand écran sur le fond, d’une cabine décorée de tags avec deux échelles qui permettent de monter sur le toit qui va devenir une scène sur la scène. Dès que le spectacle commence, une vidéo est projetée sur l’écran représentant un château de sable au milieu de la mer et des personnes qui nagent sur une musique d’inspiration jazz.
Pendant que le spectateur se concentre sur cette projection, apparaît sur scène devant la cabine une danseuse avec une robe rouge. Elle est accompagnée d’autres danseurs, d’origine européenne et africaine qui commencent à danser du hip-hop, du tip-tap ; une danseuse est sur les pointes, une autre danse comme au cabaret ou encore d’autres improvisent de la brack dance. On voit donc dès le début un mélange très important de styles différents et de traditions culturelles diverses tandis que sur l’écran outre la présence de la mer, on voit aussi des animaux, des éléphants et des chèvres. La danse se mélange à la video. Les danseurs jouent avec les images.
Les corps présentent une grande diversité de part leur couleur, mais aussi parce que certains sont plus grands d’autres plus petits, certains plus minces, d’autres plus gros. Ils sont tous habillés de façon différente. Une danseuse, dont on ne voit d’abord que la silhouette nue, est plutôt ronde et enveloppée. Elle montre qu’elle veut maigrir mais cède à la tentation de manger ce qui suscite les rires des spectateurs.
Diversité des réactions suscitées chez les spectateurs qui alternent rires et l’émotion.
Mélanges des arts, mélanges des danses mais aussi mélanges des musiques : jazz, musique africaine, musique symphonique.
« Ce qui nous enchante chez Gershwin c’est la porosité, la capacité de passer de Carnegie Hall à Broadway et Hollywood, sans amalgame, sans mettre au même niveau mais en jouant librement de cette diversité. » dit José Montalvo.
Entre la révolte et l’espoir :
Vers la fin du spectacle apparaît sur l’écran une petite enfant africaine de 3-4 ans qui pleure sans cesse. Des images d’africains au visages tristes, désespérés, souffrants apparaissent sur le fond. La pauvreté est mise en avant ainsi que le manque d’eau potable… mais aussi la révolte. On voit des images de manifestations contre le racisme sous un fond de musique symphonique, lourde. On est passé en peu de temps de la fanfare à la dénonciation sociale et politique.
Cependant le spectacle se termine avec la même enfant qui sourit, des visages joyeux ; les danseurs sur scène sont gais, la musique est mouvementée… tous les styles se mélangent de nouveau. L’espérance revient.
Pour finir la soirée, après les applaudissements des spectateurs, les danseurs chantent, a capella, une belle chanson africaine.
On ne peut s’empêcher de penser à l’élection du président Obama toute proche.
Selene.O, terminale L.