dimanche 21 juin 2009

Dossier Bac 2009. L’art et la politique : la ville de Brasilia

Introduction

Depuis l’Antiquité, l’art et la politique ont été liés. De nombreuses fois, la politique a fait appel à l’art pour passer des idées, des revendications ou pour glorifier une personne et un lieu.
Une œuvre comme, ci-dessous, « Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard » par Jacques-Louis David peint entre 1800 et 1801 en est un exemple certain. On peut aisément constater de quelle manière Napoléon cherche à travers une représentation améliorée de sa personne à donner une image se rapprochant presque des tableaux de rois et de Dieu de l’époque. Ce tableau a avant tout une fin politique. Il cherche à glorifier sa personne, la représenter presque divine et donc influencer l’image que l’on a de lui.

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Le lien entre la politique et la propagande est aussi constatable sur de plus grand projet. Pour ne prendre que des exemples du 20ème, les Jeux Olympiques de Berlin en 1936 en sont un exemple certain. Hitler avait alors mis en place l’organisation la plus spectaculaire ainsi que l’aménagement du site le plus performant par rapport à tous les Jeux organisés jusqu’à cette époque. Son but était, à travers cette organisation, la démonstration de l’efficacité du pouvoir nazi et de la supériorité de la race aryenne. Plus récemment, la ville de Chandigarh qui a été construite entre 1951 et 1956 en Inde par le Corbusier mais inachevée avait l’ambition de créer une ville parfaite dans un style novateur qui était propre au Corbusier, c’est-à-dire des bâtiments construits principalement en béton, tenant sur des pilotis, avec l’utilisation de brise-soleil et de toits-terrasses.
Un des plus grands projets du 20ème siècle est celui de la ville de Brasilia. Les raisons de ce projet remontent à trois ans après l’indépendance brésilienne, en 1825. Il a été décidé de déplacer la capitale Rio de Janeiro au centre du pays dans le but de rétablir un déséquilibre existant entre le littoral qui est surpeuplé et le centre du pays. L’objectif était également de se démarquer de l’héritage colonial portugais qui avait construit de nombreux ports tout le long des côtes, par souci de faciliter l’embarcation des richesses vers l’Europe. C’est en 1891 que la Constitution sera modifiée avec le rajout de ce projet.
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Le site choisi pour construire Brasilia a été le fruit de nombreuses missions et expéditions menées par divers scientifiques qui se sont étendues sur deux périodes : de 1892 à 1895 et de 1947 à 1955. Une de celles-ci qui a eu lieu en 1947 et qui a été dirigé par Francis Ruellan avait pour but de choisir une quinzaine de sites possibles pour bâtir la ville selon certains critères, voir annexe 1. Le site sera finalement choisi le 30 avril 1955 : c’est le « Sítio Castanho », se trouvant dans le Rectangle du Congrès, c’est-à-dire une zone délimitée dans l’état du Goiás se trouvant à 1200 mètres d’altitude, le point vert clair ci-contre. Elle sera renommée plus tard « Distrito Federal ».
Le rapport Belcher, un des rapports publiés pour le choix du site, contenant le site final, dira « le Brésil doit être loué parce qu’il est la première nation de l’histoire à baser la sélection du site de sa capitale sur des facteurs économiques et scientifiques, aussi bien que sur des conditions climatiques et de beauté ».
On a tenté de faire de Brasilia une capitale- Bien que l’idée de base du projet remonte au premier quart du dix-huitième siècle, ce n’est que sous la présidence de Kubitschek en 1956 que la capitale sera commencée. Cela s’explique parce que Kubitschek établit à l’origine sa campagne présidentielle sur 30 objectifs de développement au Brésil, mais lors d’un meeting le 4 avril 1955 à Jataí, en réponse à la question d’un électeur, il promet la construction de la nouvelle capitale et de la finir avant la fin de son mandat, devenant donc son 31ème point pour le développement. Peu à peu ce point deviendra le principal et sera le cœur même de sa campagne, d’où son slogan « 50 ans de progrès en 5 ans ». En effet, le positionnement de Brasilia permettrait d’être le nœud du réseau routier que Kubitschek voulait construire (un de ses fameux objectifs) qui permettrait de relier les différentes parties du Brésil et serait un symbole fort de la nouvelle expansion que le candidat avait prévu de donner au Brésil.
Kubitschek, après avoir été élu président en 1956, teint ses engagements pour la capitale et commença la construction de Brasilia. Il voulut une ville à l’image de sa politique, c’est-à-dire nouvelle, ambitieuse, pratique et ayant des résultats concrets rapidement qui vont en parallèle avec sa volonté d’améliorer le niveau de vie de son pays.
Pour mener à bien la promesse qu’il avait faite lorsqu’il était candidat, Kubitschek prendra un certain nombre de mesures dont une loi de 1956 qui délimitera le Distrito Federal, donnera le nom de Brasilia à la nouvelle capitale et formera la NOVACAP, la compagnie d’urbanisation de la Nouvelle Capitale. L’architecte Oscar Niemeyer sera nommé le chef du département de planification de la ville.
On peut alors se demander par quel moyen artistique Brasilia deviendra le symbole de la politique menée par Kubitschek ? Avec le recul actuel, est-ce que les objectifs de cette ville ont été atteints ?
Pour y répondre, nous verrons dans une première partie l’organisation urbanistique de la nouvelle capitale par Costa, pour ensuite étudier l’architecture d’Oscar Niemeyer.


Première partie : un urbanisme à plusieurs facettes


I. Un urbanisme à plusieurs facettes

1. L’urbanisme dans l’histoire jusqu’à Lucio Costa
L’urbanisme, dans la définition actuelle, est la science et la technique de l’aménagement des agglomérations humaines. L’ « urbanisme » est un mot récent, c’est au alentour des années 1910 qu’il apparaît dans la langue française. Ce mot désigne un panel d’actions très diversifiées dont le besoin est dût à l’essor de l’industrie. C’est donc avant tout une manière de penser la ville. On cherche à tirer un maximum de profit d’un espace, c’est-à-dire de bâtiments d’habitation ou de travail, d’espaces de loisirs ou des différents moyens de circulation, pour en obtenir un fonctionnement optimal et ainsi engendrer de bons rapports sociaux entre les gens. Bien que le terme ne soit apparu qu’au début du 20ème siècle, les traces d’urbanisation volontaire remontent à plus longtemps, lors des cités grecques et romaines.
Les villes grecques comme celle romaine reposaient sur une disposition très géométrique, en forme de damier. Les grecs bâtissaient leurs acropoles en hauteur tandis que le reste était bâti en bas dans la plaine. Les romains eux optèrent pour placer les lieux les plus importants au centre de cette disposition en damier. On avait donc déjà un souci de la disposition de la ville. Cependant cette pratique trouva le début de son apogée au milieu du 19ème siècle, avec les changements provoqués par la Révolution Industrielle. En effet, cette révolution attira les populations rurales vers les milieux urbains, les villes devaient donc être changées pour pouvoir accueillir les nouveaux arrivants. C’est dans cette optique que furent accomplies les travaux entre 1853 et 1869 par le Baron Haussmann, alors préfet de Paris. Il voulut modifier la ville de Paris pour résoudre principalement les problèmes de circulation et d’hygiène, mais en gardant l’unité de la ville, travaux novateurs à l’époque. Il exécuta de nombreux changements, dont ceux visibles encore aujourd’hui comme les bâtiments haussmannien et les grands boulevards. Il créa principalement une aération et une architecture uniforme à Paris. L’urbanisme, alors reconnu comme science et comme art, ne cesse d’évoluer et en 1909 a lieu la première Conférence nationale d’urbanisme.
A partir de 1918, une nouvelle tendance s’impose : l’urbanisme progressiste avec son architecte le plus emblématique, Le Corbusier. L’urbanisme progressiste, qui fut rédigé lors des Congrès internationaux d’architecture moderne (la CIAM) à travers la charte d’Athènes, favorisait principalement la nature dans la ville, le logement et se basait sur de grands axes de circulation. De plus, l’organisation des quartiers était bien précise, chaque bâtiment et chaque zone avaient un rôle propre, cherchant à développer au maximum la fonctionnalité. Un des grands traits est également l’usage de matériaux comme le béton et de divers moyens technologiques permettant une facilité et une originalité dans la réalisation des œuvres. C’est principalement après 1945 que cet urbanisme se développe réellement, car il était resté jusque-là plutôt théorique. En effet la guerre ayant détruit de nombreux lieux civils, des reconstructions rapides et peu onéreuses étaient indispensables, critères répondant bien à la charte d’Athènes.
C’est dans ce courant artistique que s’inscrivent la capitale et les plans d’urbanismes de Costa.
Pour l’urbanisation de Brasilia, c’est une publication dans le « Diario Official » qui fait un appel d’offres le 30 septembre 1956 pour la construction de la capitale. 41 projets seront présentés par 26 candidats. Le jury choisira le projet de Lucio Costa le 15 mars 1957 considéré comme celui remplissant au mieux l’aspect novateur attendu, voir annexe 4. Comme l’urbaniste s’amusait à le raconter, il en a fallu peu pour que cela n’ait jamais lieu, puisque ce sont ses filles qui le déposèrent au Ministère au dernier moment, lorsqu’il cherchait tant bien que mal à se garer à Rio de Janeiro. Sur quelles critères et contraintes Lucio Costa a-t-il élaboré ses plans pour la ville de Brasilia ?

2. Un environnement contraignant
Lucio Costa a très vite été confronté à un problème lorsqu’il s’est penché sur Brasilia. Le site était situé à 1200 mètres d’altitude, à environ 1000 kilomètres de la mer et à 1500 kilomètres au Nord-Ouest de Rio de Janeiro et occupait le versant méridional du bassin amazonien. Le climat semi désertique n’aida pas puisque toutes les terres étaient arides. Construire la future capitale sur ce site fut un véritable défi aussi dans la mesure où, comme le prouve la photo de 1956 ci-contre, qui est le futur centre de la ville, il n’avait aucun élément préconstruit sur lequel s’appuyer (les deux grands axes routiers présent sur la photo furent construits au début de la capitale). On dit donc de la capitale qu’elle est ex nihilo. Oscar Niemeyer en dira plus tard « A Brasilia, nous étions loin de tout. Il n’y avait pas de voitures, pas même de routes. Rien ! Sauf l’enthousiasme et l’envie de construire. ». C’est donc une œuvre titanesque qui attendait Lucio Costa. Manquant de voies de transports, il n’eut d’autres choix que de devoir parachuter les premiers bulldozers et sacs de ciment. Ensuite c’est plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers qui durent défricher plusieurs milliers de kilomètres carrés pour permettre les différentes installations.
La région étant très peu peuplée, environ une densité dans les années 1950 d’un habitant au kilomètre carré, Costa et Niemeyer durent engager des employés partout dans le reste du brésil, et du même coup construire des villes satellites en théorie temporaire pour accueillir l’ensemble des travailleurs. Une autre tâche à laquelle Costa et Niemeyer ont dût faire face est le manque d’eau de la zone, qui ne connaît que deux saisons, l’été et l’hiver, et qui peut avoir un taux d’humidité allant en dessous du seuil problématique des 10%. La construction d’un lac artificiel s’imposa, permettant une amélioration, par l’évaporation, de la qualité de l’air ainsi qu’un apport d’eau abondante : le lac représente 500 millions de mètres cubes d’eau tiré des nappes phréatiques. L’emplacement de ce lac artificiel Paranoá, du nom de la rivière principale qui l’alimente, fait à partir d’un barrage, recouvre tout le sud du futur site de la ville, visible sur la photo ci-dessous.
Une fois que les architectes eurent surpassés les problèmes que posait le site de la future ville, comment Lucio Costa décida de dessiner le plan de la ville de Brasilia et pour quelles raisons ?
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3. L’organisation de Brasilia
A.L’aspect pratique
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Le plan de Lucio Costa devait être le reflet du nouveau Brésil promis par Kubitschek, c’est-à-dire « une ville modèle, belle et monumentale, d’un urbanisme et d’une architecture novateurs, remplie de verdure, et organisée selon des conceptions nouvelles de manière à proposer et garantir une meilleure qualité du milieu urbain, sans pollution ni stress, où travailler et habiter seraient des occupations compatibles », propos de Kubitschek rapporté par Madaleno en 1996. Pour pouvoir convenir à ces critères, plusieurs mesures furent prises par Costa, qui mettaient en valeur deux aspects en particulier de la charte d’Athènes. Le but du projet était de construire une ville-pilote entièrement équipée pouvant accueillir entre 500 000 et 700 000 personnes au maximum. Costa avait prévu d’accueillir le surpeuplement en installant les personnes dans des villes-satellites construites sur les mêmes plans que Brasilia (d’où le fait que Brasilia était le plan-pilote). Ce nombre limité dans la capitale fût choisi par souci de réussir à rendre celle-ci la plus performante possible. Costa et Niemeyer voulait créer une ville où toutes les personnes auraient des conditions de vie optimales et égalitaires. Ils ont donc choisi de faire une ville à leur image, c’est-à-dire où les riches et les pauvres vivent dans un même milieu et dans de mêmes conditions ou encore appliquer des mesures pour éviter de placer des usines polluantes dans les alentours de la ville. Ces décisions ont été influencées par la vision que Niemeyer se faisait de la société qui était celle des thèses de Marx. De plus Costa traça un plan d’une ville entièrement planifiée, sans pour autant lui ôter son harmonie mais permettent d’atteindre le but d’égalité, premier critère se reprochant de la charte d’Athènes.
La ville se développa autour d’un système de circulation très poussé, contenant une partie piétonne et une autre reversée aux automobiles. Le réseau pour les véhicules reste tout de même le principal réseau de circulation. La base de ce système sont les deux grands axes principaux (qui ont été construit en premier pour faciliter l’élaboration de Brasilia, ceux visibles sur la photo numéro 3) l’axe orienté est-ouest, appelé aussi Eixo monumental (appelé comme ça entre autre pour sa largeur de 250m), et l’autre axe, celui nord-sud, l’Eixão. L’importance de la croisée de ces deux axes est symbolisée par la gare routière qui se trouve à l’intersection de ceux-ci, augmentant donc la fonction vitale de ce croisement. Ces deux axes, ainsi que les autres routes importantes, contrairement à de nombreuses villes, arrivent directement au cœur de la ville. Cela permet aux usagers de se retrouver directement au centre de la ville et par la même occasion de fluidifier la circulation. Les parties résidentielles se retrouvaient donc parcourues par une autoroute qui contenait huit voies, quatre voies de chaque côté. De plus Brasilia fut construite avec un minimum de croisement routier et ne contenu pas de feux de signalisation de sa création jusqu’aux années 1975. Brasilia est donc une ville qui se basa avant tout sur des déplacements en voiture (d’autant plus que le projet de Lucio Costa n’incluait pas de métro contrairement à d’autres projets qui avaient été soumis). Ce choix s’explique par la volonté de permettre un essor plus rapide de l’industrie de la voiture encore naissant dans ce pays. La ville fut construite autour d’un réseau routier très important pour en permettre un bon fonctionnement.
Se référer sur la photo ci-contre pour la description suivante : toute la ville est construite sur une séparation nette entre les différents éléments qui la composent, c’est-à-dire entre les lieux comme les habitations, les zones de travail, celles de loisirs, les espaces verts ou encore les différents services sociaux disponibles. C’est sur l’Eixo monumental, qu’ont été bâties les infrastructures officielles telles que les ministères et les ambassades, tandis que long de l’Eixão, ce sont les logements qui furent établies. Au bout de l’Eixo monumental, à l’Est de la ville, Costa décida de placer la place des trois pouvoirs car comme il le disait lui-même « le centre administratif ne pouvait être absorbé par la ville […] la localisation de la place des Trois Pouvoirs à l’extrémité permettait qu’elle demeure toujours une place ».
Les zones résidentielles sont réparties en « quadras », c’est-à-dire en immeubles d’habitation collective, en barres, de taille homogène, de 6 étages, et on accédait à l’aide d’une entrée unique à deux bâtiments. Ces mêmes « quadras » sont regroupés en « superquadras », par groupe autonome allant de trois à six bâtiments disposés en long, séparés les uns des autres par des voies perpendiculaires, où se trouvent ères de loisirs, écoles ou encore commerces. Ces superquadras sont l’équivalent de petits quartiers résidentiels. Pour des raisons d’utilités, les quatre superquadras portent le nom d’Unité de Voisinage. Le but de cette organisation était de faire des quadras un endroit où les citoyens se sentent entièrement en sécurité mais également coupés du monde urbain. Du même coup, Costa voulut changer les habitudes urbaines des citoyens. Tout d’abord supprimer la rue comme centre d’échange sociale. A ces fins les superquadras furent fortement boisées, leur enlevant leur côté urbain et les protégeant de la circulation des voitures. Ils devaient être, selon lui, le seul lieu d’échange social en dehors du centre commercial (se trouvant aussi au croisement des deux principaux axes). L’urbaniste soutenait que lorsque des boutiques se trouvaient entre deux superquadras et étaient séparées par une route, elles devaient avoir leurs « vitrines sur la partie faisant face aux ceintures d’arbres encadrant les blocs d’appartements ». De plus cette organisation en quadras avait pour but de réduire la propriété privée et favoriser l’utilisation des infrastructures collectives.
Cependant cette organisation, qui donne l’apparence de vouloir uniquement subvenir à l’efficacité de la ville, a également toute une dimension symbolique dans sa composition.
B.L’aspect symbolique
Lucio Costa ne cherchait pas pour la ville de Brasilia uniquement un aspect pratique mais il attachait également une forte importance au symbolisme. Les plans qu’il traça pour la ville comportaient une série de références au message que cette ville devait faire passer. La politique s’immisça alors, rajoutant au projet une autre facette.
L’axe central en était le cœur. Dessinant une forme de croix, cette forme, dixit lui-même, était le « geste de celui qui désigne un site ou se l’approprie ». Cela renverrait à la difficulté de l’appropriation du site, à l’image du défricheur mais également à celle du constructeur. On peut également penser que la croix ramène à la religion catholique, la plus pratiquée au Brésil. On pourrait alors comprendre un message qui serait que bien que cette ville soit le symbole du modernisme et de la nouvelle ère du Brésil, elle n’en renie pas moins ses origines et ses traditions, d’où la place importante de la cathédrale au sein de la ville. D’autres voient en cet axe l’image d’un oiseau déployant ses ailes, mais c’est l’image d’un avion qui revient le plus souvent pour expliquer ce plan. L’avion, en vue de la situation politico-économique, est l’image la plus explicative de ce plan même si Costa ne l’avait pas envisagée. L’avion est avant tout signe de développement industriel, un nouveau type et une nouvelle aire économique. Ce serait « le saut pittoresque que réalise le Brésil passant sans transition du chariot de bœuf à l’avion ! » selon José Oswaldo de Meira Penna, propagandiste de l’œuvre de Kubitschek. C’est bien un envol que Kubitschek veut donner à son pays. De plus l’avion n’est-il pas le premier moyen d’implantation sur le sol de Brasilia avec les parachutages qu’il effectua, ainsi que le moyen de transport le plus rapide pour relier la capitale à une autre partie du Brésil ? La première construction, même avant les deux grands axes, dans le Distrito Federal, fut justement une piste d’atterrissage. Sur le plan pilote, les deux axes sont donc l’ossature de l’avion. L’Eixo monumental serait la coque de l’avion où son premier tiers en partant de l’Est serait coupé par l’Eixão symbolisant les ailes de l’appareil. On peut même y voir que dans c’est dans les ailes que l’on stocke le carburant d’un avion, correspondant aux habitations et donc la force de travail. La place des Trois Pouvoirs, en reprenant la même métaphore, serait l’avant de l’appareil, le lieu d’où l’on prend toutes décisions pour le reste de l’appareil, tandis que le corps de l’avion serait lui composé de banques, hôtels, toutes activités commerciales ainsi que non commerciales, comme l’armée, les parcs ou les hôpitaux.
Brasilia est également considéré comme novatrice, frôlant le parfait et donc d’une certaine manière « noble ». On voulut donc développer un secteur économique qui lui correspondait plus particulièrement, c’est-à-dire le secteur tertiaire, celui surtout des services. Cette tache ne fut pas aisée sachant que le Brésil avait un secteur industriel assez faible. On voulut donc faire de Brasilia une ville des services, un peu avant l’heure. Cela rentrait dans la vision que Kubitschek voulait faire du Brésil.
Lucio Costa fit face à de nombreuses difficultés lors de la réalisation de ses plans mais parvint tout de même à établir une ville à son idée. Sa force est d’avoir su lier fonctionnalisme et symbolique, rendant sa vision urbanistique unique et suivant aussi les recommandations du président Kubitschek. Cependant la moitié du travail était faite, il manquait encore la construction des bâtiments par Niemeyer. Comment Oscar Niemeyer a-t-il choisi de construire ses bâtiments et garda-t-il la même importance à l’aspect symbolique ?

Deuxième partie : une architecture au service d’un idéal.

II. Une architecture au service d’un idéal
1.Une architecture idéaliste
On ne peut comprendre l’œuvre d’Oscar Niemeyer sans connaitre les différentes influences qu’il a subi. L’architecte brésilien Oscar Ribeiro de Almeida de Niemeyer Soares dit Oscar Niemeyer, l’année après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en architecture en 1934, commença à travailler dans le cabinet d’architecture de Carlos Leão et de Lucio Costa, l’urbaniste de Brasilia. C’est celui-ci qui l’initia à la vision de l’architecture du Corbusier. Très vite il adhéra à ce style d’architecture, sentiment d’autant plus renforcé lorsqu’il le rencontra lors du projet du ministère brésilien de l’Education et de la Santé de 1936 à 1943 à Rio de Janeiro puisque l’architecte français en concevait les plans. Le Corbusier fut pour lui un modèle, il lui voua une telle admiration qu’on dit de lui que ce fut son disciple. Les idées du Corbusier et donc par la même occasion la charte d’Athènes furent donc la première influence que subit Niemeyer. Il enchaina très vite divers projets et soutenu par Costa, il se fit vite une renommée. Tout d’abord elle fut nationale, comme la commande de Kubitschek, maire de Belo Horizonte à l’époque, qui lui demanda de bâtir un complexe pour un quartier de la ville. A partir de 1947, sa renommé devient même internationale grâce en particulier à sa contribution aux plans du futur siège de l’Organisation des Nations Unies (ONU) entre 1947 et 1952, au coté de Le Corbusier.
Niemeyer réalisa plus de 500 projets sur ces 70 ans de carrière. Pour lui, réaliser un bâtiment était comme faire de la poésie. On retrouve alors des traits communs d’une œuvre à une autre. Tout d’abord dans l’étude de l’espace. Niemeyer cherche à maximiser l’espace, entre autre en cassant avec l’usage de l’angle droit comme forme prédominante des bâtiments. De plus l’usage de lignes courbes est mis en avant, c’est un « hommage au corps de la femme brésilienne » dit-il. L’architecture est faite selon lui « de songe et de fantaisie, de courbes généreuses et de grands espaces libres […] Le béton armé permet à l’architecte qui a le sens de la poésie de s’exprimer. Il faut savoir inventer, en faisant appel à toutes les techniques qui sont à notre disposition. Pourquoi se soumettre à des règles, à des principes intangibles ? ». De même l’usage du béton est prédominant dans ses constructions. Il permet selon lui la pleine expression artistique. Enfin Niemeyer respecte de nombreux points contenus dans la charte d’Athènes, qui a structuré l’ensemble de ses réalisations.
Oscar Niemeyer n’est cependant pas juste un architecte de génie, il a été également un homme très impliqué politiquement. Adhérant au parti communiste en 1945, il n’a jamais caché ses convictions politiques, comme il le dit lui-même « Je ne me tairai jamais. Je ne cacherai jamais mes convictions communistes. Et celui qui me contacte en tant qu’architecte connaît mes conceptions idéologiques. (…) Durant mes conférences, j’ai toujours souligné que l’architecture n’était pas l’essentiel. Ce ne sont pas des propos méprisants. Comparez l’architecture avec la vie, l’être humain, la lutte politique, la contribution que nous apportons tous à la société pour nos frères déshérités. Que représente l’architecture par rapport à la lutte pour un monde meilleur, sans classes ? » Niemeyer voulait donc appliquer les principales idées communistes à travers ses œuvres, créant du même coup une caractéristique commune à ses œuvres.
Oscar Niemeyer a donc une approche de l’architecture déterminé par de nombreuses influences. Toutes ces influences font des ses œuvres des bâtiments uniques et novateurs car il arrive à les mixer ensemble pour faire un résultat surprenant. En plus l’essor de l’architecture moderne en est à son début lorsqu’il s’y lance lui-même. Il amène donc une vision jeune mais rempli d’ambition. Ce que l’on considère comme le sommet de son œuvre restera la construction de Brasilia dont il fut le chef du département de planification de la ville et le principal architecte. Comment Niemeyer décida-t-il d’ériger les bâtiments de Brasilia et qu’elle fut son message ?
2.Une ville organisée autour d’un même objectif
Brasilia donne l’aspect d’une ville irréelle. Dans cette ville, qui par son organisation, crée un horizon interminable, un sentiment d’immensité, dut aux grandes avenues, ses nombreux bâtiments sur pilotis, les grands espaces libres et verts bordant de nombreux bâtiments. Cette ville grâce à sa structure très aéré est très lumineuse. On a l’impression d’être petit dans cette ville qui se veut immense. De plus on ne trouve pas de bâtiments conventionnels. Il a cherché à rendre originaux ses bâtiments, tout en gardant un équilibre commun. La capitale ne présente que des lignes, des courbes et des formes géométriques qui dominent. Partout on retrouve des bâtiments en béton, l’audace de Niemeyer est de l’avoir utilisé dans toutes les formes possibles. La ville a l’air d’être composée d’une multitude de sculptures géantes, osant toutes les formes et audaces.
Pour pouvoir correctement analyser l’œuvre de Niemeyer au sein de Brasilia, nous allons étudier trois bâtiments aux aspects et fonctions différentes. Premièrement le Congrès, ensuite la cathédrale et enfin une quadras. L’étude des ces trois lieux nous donnera une vision assez large et variée de l’ambition de Niemeyer pour la ville de Brasilia. Oscar Niemeyer a eu recours à l’utilisation massive des ruptures de rythmes, de volumes et de niveaux : « J’ai éloigné les colonnes des palais, je les ai faites avec des courbes et des droites, en permettant au public de se promener entre elles, surpris par des points de vue si différents. » chacun de ses bâtiments publics et monuments possède son audace architecturale propre.
Comme cela est visible sur la photo, la place des Trois Pouvoirs (n°2)ainsi que la cathédrale (n°9) se trouvent dans l’Est de la ville. Les quadras, comme expliqué précédemment se trouve le long de l’axe Nord-Sud, l’Eixão.
A.Le congrès de la place des Trois Pouvoirs
Le Congrès se trouve sur la place des Trois Pouvoirs qui est l’aboutissement à l’Est de l’Eixo Monumental. Il est situé plus précisément sur un de ses angles, sur une plate-forme en marbre. Ce monument contient la Chambre des députés, le Sénat et l’administration de ce bâtiment ainsi que les commissions, les bureaux des présidents et des chefs de groupe parlementaire. Il regroupe donc à lui tout seul deux des trois pouvoirs. Sur la place se trouve également le Tribunal Suprême, d’où le nom de la place.
Ce bâtiment repose sur une structure en deux parties visibles. La première est une longue forme rectangulaire, avec une façade principalement composée de vitre. Elle repose sur des pilotis, comme la quasi-totalité de la ville. Cette partie rectangulaire donne l’impression d’être un support pour la partie se trouvant au-dessus d’elle. La deuxième partie laisse paraitre distinctement les trois fonctions de ce bâtiment. On retrouve donc une coupole, lieu du sénat, et à l’opposé une autre coupole mais retournée, lieu de la Chambre des députés. Toutes les deux sont en béton. Entre ces deux coupoles il y a deux immeubles de béton et de verre de 28 étages qui sont les plus hauts de Brasilia. Ils sont reliés entre eux par une passerelle à mi-hauteur. On retrouve dans ce bâtiment également toute une symbolique. Déjà sur son positionnement, ce bâtiment se trouve à la fin de l’Eixo Monumental, qui présente comme une hiérarchie architecturale des symboles du pouvoir Brésilien. Les ministères qui longent l’Eixo Monumental peuvent par leur unicité, leur sobriété et leur austérité, être considérés comme inférieurs à celui du Congrès. De plus également le bâtiment en lui-même présente une symbolique. La coupole concave, celle du Sénat, serait signe d’ouverture tandis que la coupole de la Chambre des députés de forme convexe serait signe de réflexion. Certains plaisantins brésiliens disent que « la Chambre des députés bouillonne d’idées et que le Sénat les étouffe expliquant la forme des coupoles ». Les immeubles centraux, avec la passerelle, formeraient un « H » pour « humanité ». Ce bâtiment est peut-être un des bâtiments des plus représentatifs de
l’architecture de Niemeyer. L’architecte arrive à créer plusieurs contrastes qui sont la beauté de ce monument. Le tout premier est celui entre l’occupation de l’espace avec cette division du bâtiment en deux parties. Les pilotis en bas donnent l’impression de légèreté, d’espace libre, de zone aérée, rentrant en opposition à la zone supérieure qui elle parait prendre tout l’espace avec sa forme très allongée. Le haut de cette partie donne juste sur trois éléments et une place. De nouveau on a une impression d’espace aéré. Cet aspect est accentué par l’usage des courbes des deux coupoles en contraste avec les grandes lignes droites de ce rectangle. Le « H », qui donne l’impression d’élévation vers le haut, est le contraire de la base sur laquelle il est posé et qui donne un aspect lourd, qui se rapprocherait de la Terre.
Ce bâtiment est donc très étonnant dans sa composition, mélange de finesse et de brut, de forme droite et de matière plus arrondies, d’un monument tiraillé entre une impression d’une élévation et de rabaissement. C’est avant tout la beauté unie fonctionnalisme qui apparait dans cette œuvre. Le Congrès est donc bien représentatif de la politique voulut par Kubitschek, c’est-à-dire novateur, ambitieuse, qui rassemble le pouvoir comme les gens dans une union.

B.La cathédrale
La cathédrale est également un de ces étonnements de Brasilia. Située non loin de la place des Trois Pouvoirs, elle se trouve le long de l’Eixo Monumental, en face de l’esplanade des ministères. Construite en l’honneur de Notre Dame de Aparecida, elle sera inaugurée en 1970 et permet d’accueillir 2000 personnes. Cette cathédrale est le plus grand bâtiment religieux de Brasilia. Sa construction en fait le bâtiment peut-être le plus original de Brasilia.
Cette cathédrale, d’un diamètre de 70 mètres, a la particularité d’être construite en sous-sol. Du coup le sommet de la nef se trouve au niveau du sol. Nous voyons donc, de loin , que le haut de cette cathédrale qui dépasse du sol. Structurée à partir de 16 colonnes de béton de 90 tonnes qui sont retournées au sommet, visible sur la photo ci-contre, elle a une forme tout à fait novatrice et qui se sépare grandement des autres bâtiments de Brasilia. Entre ces piliers qui servent de soutien, on trouve des vitraux construits par Marianne Perretti qui par leur couleur blanche, beige, verte et bleu permettent une lumière naturelle. De plus son entrée est souterraine. Des statues de Dante Croce représentant les quatre évangélistes, Saint Matthieu, Saint Marc, Saint Luc et Saint Jean, et placées le long du chemin invitent les visiteurs à rentrer dans la cathédrale.
L’intérieur de la cathédrale, comme c’est constatable ci-contre, est très lumineux. Le plus surprenant une fois dedans, ce sont les anges accrochés au sommet qui pendent, leur donnant l’air de voler. Réalisé par Alfredo Ceschiatti, le plus petit mesure 2,22 mètres et pèse 100 kilos et le plus grand mesure 4,25 mètres pour 300 kilos. L’autel, quand à lui, est le même que celui du sanctuaire d’ d’Aparecida do Norte à Sao Paulo. Le clocher, en béton également visible ci-dessous, est un cadeau de l’Espagne qui rentre tout à fait dans le style de Niemeyer. La conception de cette cathédrale rejoint malgré son apparence très particulière, les autres bâtiments de Brasilia. On a toujours le verre et le béton comme matériaux principaux et l’édifice est structuré par des lignes et une forme très régulière. C’est bien ici en particulier que l’on a l’union entre la modernité et le traditionnelle. De plus le choix d’enterrer une partie de l’édifice permet une surprise lorsque l’on y rentre. Avançant dans une entrée souterraine, on s’attend à trouver une église plutôt sombre, or ce n’est pas du tout le cas. La structure de béton de la cathédrale par la forme des piliers de béton, donne une impression d’élévation. La cathédrale étant « enterrée », ce serait donc le moyen aux Terriens d’être en lien avec Dieu. Certain voit aussi dans la forme retournée des piliers la couronne d’épine du Christ.
Cette église novatrice et étonnante, remarquablement pensée a fait de Niemeyer : « Le communiste qui construisait des églises ».
C.Le Quadras
Oscar Niemeyer, pour la fabrication des habitations, décida de faire desbâtiments standards et reproductibles. S’inspirant de la cité radieuse de Le Corbusier à Marseille, le principal but cherché était de faire des bâtiments le plus pratique possible. A cette fin, les lieux d’habitations furent très simples, permettant une construction rapide sans beaucoup de difficultés. Les superquadras variaient peu de l’une à l’autre. C’est par souci que tout le monde soit dans les mêmes conditions de vie qu’il fallait créer des habitations semblables les unes aux autres.
Chaque quadras avait une forme de barre allongée, comme c’est visible ci-dessous. Tous portent des lettres et des numéros, qui fait office d’indication et permet l’orientation dans la ville. Elle comportait 6 étages, était montée sur pilotis, pour faciliter la circulation de l’air, et possédait un toit plat. De plus ces habitations étaient bordées de verdure et les architectes faisaient en sorte que chacun n’est aucun vis-à-vis. Elle était composée principalement de béton et de verre. Les ouvertures pour les fenêtres reprennent pour certaine les brise-soleils et les fenêtres-bandeaux tirées des idées du Le Corbusier. Les quadras ne possèdent pas de façade avec des détails mais plutôt jouant sur la beauté du brut en contraste avec le vert environnant. C’est surtout l’intérieur des quadras qui est intéressant par le travail fourni par Niemeyer.
L’intérieur des quadras se veut en rupture avec les appartements traditionnels. Tout d’abord on a une nouvelle organisation de l’espace, Niemeyer rejette la division entre la zone sociale, la zone intime et la zone de services existants dans les appartements familiaux jusqu’à présent. Le living-room devient, selon ses projets, le seul endroit social. Il supprime les balcons, les vérandas de ses plans car il ne les considère pas comme lieu de rencontre utile pour la famille. Il cherche donc à faire un lieu de rencontre plus formel, moins spontané mais permettant un véritable échange. De plus il dessine des chambres de bonnes très peu spacieuses. L’histoire dit que Niemeyer les a faites si petites uniquement dans un but de décourager qu’elles deviennent des chambres. Ils les voyaient lui plutôt comme des placards vastes. Ces quadras présentent donc un aspect simple, massif, principalement fonctionnel, cherchant avant tout l’égalité entre les familles et la gestion de leur vie social dans un endroit précis, le living-room. L’architecte en plus de révolutionner les habitats a voulut également changer les habitudes de vies par son organisation de l’espace.

conclusion, annexes, bibliographie

Conclusion
Brasilia est avant tout une capitale artistique. Tant pour son audace et son intelligence urbanistique, Costa a construit une ville jusque là jamais égalée pour son souci du bien-être de ses habitants, tant par l’aération de l’endroit que par les conditions des logements, les façons de se déplacer ou encore les différents lieux de vie commune. Celle-ci va de pair avec l’architecture de Niemeyer qui elle aussi c’est voulue égalitaire, nouvelle, surprenante. On retrouve chez l’un comme chez l’autre les grandes lignes de la charte d’Athènes qui ont structuré leurs constructions. Elle est même devenue en 1987 patrimoine mondial de l’Unesco.
Brasilia qui avait été un véritable pari à cause de l’immensité et de l’ambition du projet n’aurait jamais pu voir le jour sans la détermination de Kubitschek. Cette ville représentait pour lui plus qu’un symbole artistique, mais bien un objectif politique. C’est ville devait changer le Brésil et la vision qu’on avait de celle-ci. La ville se devait d’être inégalée et inégalable. Ainsi on comprend facilement dans les structures de Costa et Niemeyer pourquoi il y avait autant d’audace et autant de symbolique. A travers cette ville en forme d’oiseau c’est le Brésil qui devait prendre son envol. Y-est-elle parvenue ?
Brasilia, sur le plan artistique, a bien été inégalée. En 4 ans, la ville a été construite en partant de rien . Urbanistiquement et architecturalement, le projet n’a pas eu d’égal jusqu’à ce jour. Politiquement ça a bien été un coup d’éclat envers les autres pays, comme le prouve le discours de Malraux, voir annexe 3. Brasilia a bien influencé les pensées de son époque, et a permis au président Kubitschek de tenir ses promesses. Le projet de la ville parfaite ne s’est cependant pas maintenu.
En effet aujourd’hui l’amère réalité du Brésil a rattrapé la ville qui se voulait utopique. Son centre est marqué par sa magnificence immortelle tandis que sa banlieue elle rappelle les problèmes quotidiens des Brésiliens. La ville qui à l’origine devait accueillir qu’un nombre limité de personne se voit débordée. Des inégalités renaissent aussi vite, faisant perdre à Brasilia sa mission d’égalité entre les hommes. La pauvreté et les mauvaises conditions de vies entourent la ville. Bien qu’elle soit la capitale, on trouve de nombreuses personnalités politiques et autres, comme les ambassadeurs, qui préfèrent partir vivre dans des villes plus accueillantes comme Rio de Janeiro ou Sao Paulo. Brasilia a perdu peu à peu son importance politique initiale, bien qu’elle reste le lieu de politique officiellement prédominant. Il ne faut cependant pas perdre de vue le fait que le Brésil a connu un changement politique en 1964 à la suite d’un coup d’état et s’est vu enlever l’argent mis à la disposition de la création de la ville, la bloquant totalement. Brasilia aurait peut-être mieux réussi son objectif si elle avait eu le temps de développer ses villes satellites.
Cette ville ex-nihilo a donc des apparences de réussite mais est passé à côté de ses objectifs sociaux, économiques et politiques. De plus, le terrain, peu accueillant qui avait été dans un premier temps dompté, commence à reprendre le dessus et rend la vie plus compliquée et artificielle. Le fait d’avoir fait sortir cette ville ex-nihilo et avoir voulu l’imposer à la nature ne l’a-t-elle pas conduite avant l’heure à l’échec ?
Brasilia de nos jours
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Brasilia en 1958
Projet n°8 pour Brasilia, finira classé 3ème
Annexes

Annexe 1 : D’après le site : http://pagesperso-orange.fr/alain.ruellan/MyWebsite/page6/page2/page2.html Sur le choix du site de Brasília écrit par Alain Ruellan, Professeur Emérite en Science du Sol.
Pour proposer les 15 sites, Francis Ruellan s’est appuyé sur les critères suivants :
Climat :
• altitude minimum de 700 mètres ;
• pentes exposées principalement vers le Nord-Est et vers le Sud ;
• topographie légèrement ondulée facilitant la circulation de l’air.
Relief : éviter les plateaux (chapadas) trop plats (mauvaise circulation de l’air), mais aussi les reliefs trop accentués de dissection de ces plateaux (difficiles à construire) ; on s’est donc orienté vers les niveaux d’érosion intermédiaires de relief ondulé.
Ressources en eau à proximité : pour les besoins en eau de la population et pour produire de l’énergie électrique. Population estimée à 500.000 personnes maximum.
Potentialités agricoles à proximité, en particulier, potentialité des sols (agriculture et élevage).
Matériaux de construction à proximité : bois, sables, graviers, terres à briques, calcaire, pierres de taille.
Voies de communication : il s’agissait de faire de la nouvelle capitale un nœud, une étoile, d’où partiraient, facilement, des routes (et des voies ferrées) vers toutes les grandes régions du Brésil. Le relief devait donc permettre une construction facile des voies de communications partant de la capitale.
Main d’œuvre disponible pour construire la capitale. »

Annexe 2 : D’après le site :http://halshs.archivesouvertes.fr/docs/00/05/19/36/PDF/Brasilia_40_ans_apres.pdf
Dossier « Brasília, Quarante ans après » de Neli Aparecida De Mello, François-Michel Le Tourneau, Hervé Théry et Laurent Vidal
L’appréciation du jury [du projet de Lucio Costa]
Critiques
1) Trop de terres sans affectations entre le centre gouvernemental et le lac
2) L’aéroport devrait peut-être être éloigné
3) La partie la plus lointaine du lac et les péninsules ne sont pas utilisées pour le logement
4) Pas de spécification du type de routes régionales, spécialement en rapport avec de possibles villes-satellites
Avantages
1) Seul projet pour une capitale administrative du Brésil
2) Ses éléments peuvent être rapidement saisis : le plan est clair, direct et fondamentalement simple, comme par exemple ceux de Pompéi, de Nancy, celui de Londres conçu par Wren ou celui de Paris de Louis XV.
3) Le plan sera réalisé en dix ans, alors que la ville continue à grandir
4) La taille de la ville est limitée : sa croissance au bout de vingt ans se fera a) sur les péninsules et b) dans les villes-satellites
5) Un centre conduit à un autre, de telle sorte que le plan peut être facilement compris
6) Il est dans l’esprit du XXe siècle : il est nouveau ; il est libre et ouvert ; il est discipliné sans être rigide
7) La méthode de croissance, à la manière d’un arbre, en suivant des chemins et l’artère principale, est la plus pratique de toutes
8) Les ambassades sont bien situées, le scénario est viable
In Relatório do Plano piloto de Brasília, Arquivo Público do Distrito Federal /Codeplan / DePHA
Annexe 3 : Discours prononcé à Brasilia par Mr André Malraux, Ministre d’Etat chargé des Affaires Culturelles, le 25 août 1959 Monsieur le Président de la République,
Permettez-moi de vous remercier tout d’abord des paroles que vous venez de consacrer à mon pays, au Général de Gaulle et à moi-même. Si le lien qui unit le Brésil à la France avait besoin de preuves il ne pourrait en recevoir de plus éclatantes que l’accueil si chaleureux que je rencontre depuis hier, et la présence du Président de la République à cette cérémonie.
La France pense, elle aussi, que les relations entre le Brésil et l’Europe, imposées par la nature même de la civilisation qui est en train de naître sous nos yeux, vont dépasser de loin ce que, dans divers domaines, on appelait naguère des échanges. Que l’établissement d’un plan mondial d’exploitation des richesses naturelles au bénéfice des nations qui les possèdent et d’elles seules doit devenir l’un des desseins majeurs du siècle, et qu’à sa lutte épique contre la Terre, l’homme doit donner enfin des formes dignes de lui. C’est cette dernière exigence que symbolise notre présence ici, Monsieur le Président de la République, comme la symbolise cette ville elle-même.
Au cours de leur développement, les grandes nations ont souvent trouvé leur symbole, et sans doute Brasilia est-elle un symbole de cette sorte. Presque toutes les grandes villes se sont développées d’elles-mêmes, autour d’un lieu privilégié. Que l’histoire, aujourd’hui, regarde avec nous les premiers surgissements d’une ville appelée par la seule volonté humaine ! Si renaît la vieille passion des devises sur les monuments, on écrira sur ceux qui vont naître ici : "Audace, énergie, confiance". Ce n’est pas votre devise officielle, mais c’est peut-être celle que vous donnera la postérité.
Vous savez, comme savent tous les artistes mais comme le savent moins bien les gouvernements, que les formes de l’art appelées à demeurer dans la mémoire des hommes sont des formes inventées. Dans cette ville surgie de la volonté d’un homme et de l’espoir d’une nation, comme les métropoles antiques surgirent de la volonté impériale de Rome ou des héritiers d’Alexandre, le palis de l’Alvorada que vous édifiez, la cathédrale que vous projetez, apportent quelques-unes des formes les plus hardies de l’architecture, et, devant les maquettes de la Brasilia future, nous savons que la ville entière sera la ville la plus audacieuse qu’ait conçue l’Occident. Au nom de tant de monuments illustres qui emplissent notre mémoire, soyez remerciés d’avoir fait confiance à vos architectes pour créer la ville, et à votre peuple pour l’aimer !
Cette audace, nous savons combien certains la craignent, même parmi vos amis. Mais s’ils ne se méprennent pas à l’éclatante originalité de ces projets, peut-être se méprennent-ils à ce qui fait leur valeur historique décisive. Il est temps de comprendre que ce qui commence à s’élever devant nous, c’est la première des capitales de la nouvelle civilisation. L’architecture moderne était, jusqu’ici, une architecture d’édifices. Elle a créé des maisons, même si ces maisons dressent à la proue de New-York leur hérissement de tours. Qu’elle dût dépasser quelque jour cet individualisme épique _ car la cité n’est pas seulement une agglomération de maisons _ aucun de ses historiens n’en doutait. Mais presque tous pensaient que la plus grande architecture, celle qui crée les villes et non les immeubles naîtrait en Union Soviétique, _ et elle est en train de surgir ici.
Car ici, vont naître les premières grandes perspectives de l’architecture moderne, que notre siècle ne connaissait pas encore. Ce qui veut dire que cette "architecture debout" va subir une métamorphose fondamentale, annoncée confusément par celle de l’Europe, de l’Afrique du Nord, par la vôtre. C’est la reconquête du gratte-ciel par le soleil ; c’est avant tout la résurrection du lyrisme architectural né avec le monde hellénistique, qui faisait rêver César à Alexandrie. Et devant la décision par laquelle le génie brésilien continue à la fois les perspectives de la Grèce, de la Rome pontificale, de Versailles et du Paris napoléonien, nous pensons que le mot si confus de latinité a peut-être au moins un sens précis : celui de fraternité. Allons plus loin. "Pour que Brasilia devienne une véritable capitale, écrit Lucio Costa, son planificateur doit être imprégné d’une dignité, d’une noblesse d’intention d’où résulte le sens de l’ordre, de l’utilité et de la proportion qui seul peut donner au projet entier la qualité monumentale désirée."
Mais quelle ville moderne, jusqu’ici, s’était souciée de cette dignité, de cette noblesse d’intention ? Ce qui entre en jeu est immense : il s’agit, en mettant l’architecture au service de la nation, de lui rendre une part de son âme, qu’elle avait perdue. Elle y aspirait ? Peut-être. L’honneur du Brésil est de ne pas se contenter d’y aspirer. L’architecture avait eu pour œuvres capitales les temples et les cathédrales ; puis les palais, lorsque l’époque des Grandes Monarchies donna aux palais des rois une signification qui n’était pas seulement celle du luxe. La limite de l’architecture moderne est d’être au service de la puissance économique ou de l’individu ; le seul admirable ensemble architectural des Etats-Unis, le Centre Rockfeller, n’est pas élevé à la gloire d’une puissance du pétrole, mais à la gloire de la solidarité humaine, de la science et de l’esprit. Vous concevez la ville comme un immense ensemble, et dès l’origine vous exigez que les édifices y expriment une signification. C’est pourquoi Lucio Costa termine ainsi : "La ville ne sera pas seulement la résidence du gouvernement et de l’administration, mais encore un des centres culturels majeurs du pays". Cette Brasilia sur son plateau géant, c’est un peu l’Acropole sur son rocher... Salut, capitale intrépide, qui rappelle au monde que les monuments sont au service de l’esprit ! L’esprit que cette ville appelle, elle en est née à maints égards, car la noblesse à laquelle se réfèrent ses fondateurs plonge dans le temps de profondes racines. Mais elle en appelle la métamorphose. Jusqu’à nous, le cortège des grands fantômes du passé formait une lignée. L’Occident était l’héritier de la Bible et des Anciens. La découverte des civilisations englouties, celle des moyens de diffusion de la peinture et de la musique, font de nous les premiers héritiers de toute la terre. Une nouvelle civilisation s’élabore, et la culture qu’elle appelle est aujourd’hui l’enjeu de toutes les forces de l’esprit. Et l’objet capital de cette culture, c’est une notion de l’homme sans laquelle la nouvelle civilisation ne pourrait vivre : il n’y a pas de civilisation sans âme. Chacune des grandes religions avait apporté une notion fondamentale de l’homme, et notre temps s’efforce passionnément de donner forme au fantôme que leur a substitué le siècle des machines. D’autant plus passionnément, qu’avec les camps d’extermination, avec la bombe atomique, l’ombre de Satan a reparu sur le monde, en même temps qu’elle reparaissait dans l’homme : la psychanalyse redécouvre les démons, pour les réintégrer en lui. Mais dans un monde sans clef, où le Mal devient une énigme fondamentale, le moindre sacrifice, le moindre chef-d’oeuvre, le moindre acte de pitié où d’héroïsme, posent une énigme aussi fascinante que celle du supplice de l’enfant innocent qui obsédait Dostoïevski, que tous les pauvres yeux humains qui découvrirent une chambre à gaz avant de se fermer à jamais : l’existence de l’amour de l’art ou de l’héroïsme n’est pas moins mystérieuse que celle du mal. Peut-être l’aptitude de l’homme à les concevoir et à les maintenir invinciblement est-elle une de ses composantes comme l’est l’aptitude à l’intelligence, et le but de notre civilisation, dans l’ordre de l’esprit, devient-il, après avoir trouvé les techniques qui réintègrent les démons dans l’homme, de chercher celles qui y réintègreraient les dieux.
Mais la reconquête de la grandeur oubliée prend la forme que lui donne ceux qui l’assurent. Car chaque nation l’assure à sa manière _ et tend à se grouper, non avec toutes les autres, mais avec quelques parentes, en de vastes aires culturelles. Sans doute la nouvelle civilisation connaîtra-t-elle en Occident, outre sa forme russe, deux grandes formes qui correspondront, en gros, aux aires catholique et protestante. De chacune de ces formes, du nouveau type d’homme qu’elle suscitera, je dis ici, comme à Athènes : ils appartiennent à tous ceux qui auront choisi de les créer ensemble : l’esprit ne connaît pas de nations mineures, il ne connaît que des nations fraternelles _ et des vainqueurs sans vaincus. La culture trouve là son rôle irremplaçable. Par la connaissance, mais aussi par d’autres voies plus secrètes. La culture, ce n’est pas seulement de connaître Shakespeare, Victor Hugo, Rembrandt ou Bach : c’est d’abord de les aimer. Il n’y a pas de vraie culture sans communion, et peut-être son domaine le plus profond et le plus mystérieux est-il la présence, dans notre vie, de ce qui devrait appartenir à la mort. La culture du nouveau monde latin _ qui n’est pas seulement le grand et vieux monde méditerranéen, qui n’est pas seulement l’Amérique latine, _ sera, comme toutes les vraies cultures, une culture conquise. Ce qu’elle doit conquérir pour créer son type d’homme exemplaire et modeler son nouveau passé, c’est la présence, en elle, de toutes les formes d’art, d’amour, de grandeur et de pensée qui, au cours des millénaires, ont successivement permis à l’homme d’être moins esclave : le domaine qui unit au fond de notre mémoire, sous l’immense indifférence des nébuleuses, les silhouettes invincibles, et jadis ennemies, des pêcheurs de Tibériade et des bergers d’Arcadie... Le plus sanglant empire du monde, l’empire assyrien, laisse dans notre mémoire la majesté de sa Lionne blessée : s’il existe un art des camps d’extermination, il n’exprimera pas les bourreaux, il exprimera les martyrs. "Lève-toi, Lazare !" Nous ne savons pas ressusciter les corps, mais nous commençons à savoir ressusciter les rêves, et ce que vous propose aujourd’hui la France, c’est que pour nous tous, la culture soit la résurrection de la noblesse du monde.
Sachons-nous unis par un avenir fraternel plus encore que par un passé commun. Vous avez eu raison, aux heures les plus sombres de ne pas désespérer de nous, puisqu’aujourd’hui le Général de Gaulle, qui a trouvé toutes les blessures de mon pays dans son héritage, retrouve malgré ces blessures le langage séculaire de la France, pour rappeler au monde que "c’est l’homme qu’il s’agit de sauver". Car la culture a deux infranchissables frontières : la servitude et la faim. Puissions-nous contribuer à les effacer, puissions-nous créer une civilisation qui ressemble à notre espoir, et qui, la première, mette toutes les grandes œuvres de l’humanité au service de tous les hommes qui les appellent. Vous avez prononcé ici, Monsieur le Président de la République, des paroles que connaissent beaucoup d’entre nous : "De ce haut plateau central, de cette solitude qui sera bientôt le cerveau d’où partiront les hautes décisions nationales, je jette un regard, une fois de plus, sur l’avenir de mon pays et j’entrevois cette aurore avec une foi inébranlable et une confiance sans limite dans la grandeur de son destin". Lorsque je contemple à mon tour ce lieu qui n’est déjà plus une solitude, j’y évoque les drapeaux que le Général de Gaulle remit, le 14 juillet, aux chefs des états de la Communauté franco-africaine, et le solennel cortège d’ombres des morts illustres de la France, que vous aimez parce que leurs noms appartiennent à la générosité du monde. Et dans leur grande nuit funèbre, un murmure de gloire accompagne le battement des forges qui saluent votre audace, votre confiance, et le destin du Brésil, tandis que s’élève la capitale de l’espoir.






Bibliographie :
Sources pour la forme du dossier :
http://lycee-chateaubriand.eu/rubrique207.html : Dossiers de Terminales en 2008.
Les différents dossiers d’histoire des arts consultables au Centre de Documentions et d’Informations du Lycée Chateaubriand de Rome
Sources pour les différentes illustrations :
http://www.napoleon.org/fr/essentiels/tableaux/premier_empire.asp Tableau de Jacques-Louis David - Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard
http://www.goias-quebec.com/app/ImageRepository/1/brazilRegions.gif Carte des états du Brésil
http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/05/19/36/PDF/Brasilia_40_ans_apres.pdf Dossier « Brasília, Quarante ans après » de Neli Aparecida De Mello, François-Michel Le Tourneau, Hervé Théry et Laurent Vidal
http://www.photofiltregraphic.com/20albums/bresil_brasilia/brasilia.htm Plan de Brasilia contenant les différents bâtiments numérotés.
http://www.vitruvius.com.br/minhacidade/mc021/mc021.asp Photo des superquadras
http://titaferreira.multiply.com/market/item/510 Photo des superquadras
http://www2.ac-lyon.fr/services/bresil05/pages/architecture.html Photo de la façade extérieure de la cathédrale de Brasilia
http://rawbrazil.wordpress.com/2008/05/23/brazilian-architeture-weekend/ Photo de l’intérieur de la cathédrale de Brasilia
http://vitoria-brasil.blogspot.com/2007/12/oscar-niemeyer-100-ans-cest-patant.html Photo de la façade extérieure de la cathédrale de Brasilia avec le clocher.
http://joggingisgood.blogspot.com/2006/08/brasilia-utopia.html Photos des extérieurs de Brasilia.
Sources de documentations et d’informations :
Dossier d’Histoire des Arts de 1ère d’Andrew sur l’utilisation de l’art comme propagande lors des jeux olympiques de Berlin en 1936.
Cours d’histoire des arts de terminale sur l’architecture :
I.) L’architecture moderne de Le Corbusier après 45
B.) Chandigarh
Mémoire du monde, 2000 ans d’histoire, édition Larousse
http://test.larousse.fr/encyclopedie/ville/Rio-de-Janeiro/141050 Article Larousse sur Rio de Janeiro.
http://pagesperso-orange.fr/alain.ruellan/MyWebsite/page6/page2/page2.html Le choix du site de Brasília par Alain Ruellan, Professeur Emérite en Science du Sol
Histoire du Brésil contemporain : XIXè-XXè siècles par Armelle Enders, éditions Complexe
Revue d’histoire : Vingtième siècle, n°81 publiée en 2004 sur le « dossier : Révolution urbaine et mondialisation », article de Hervé Théry « Brasília, De la capitale à la métropole ? »
http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/05/19/36/PDF/Brasilia_40_ans_apres.pdf Dossier « Brasília, Quarante ans après » de Neli Aparecida De Mello, François-Michel Le Tourneau, Hervé Théry et Laurent Vidal
http://www.ird.fr/pleins_textes/pleins_textes_4/sci_hum/23323.pdf « Emergence d’une Capitale, Brasília », Article de l’Institut de recherche pour le développement écrit par Claire Heuzé
http://fr.encarta.msn.com/encnet/refpages/RefArticle.aspx ?refid=761562641 Article Encarta sur l’urbanisme
Grand Larousse en 5 volumes, édition Larousse
http://www2.ac-lyon.fr/services/bresil05/pages/urbanisme.html Article de l’académie de Lyon sur l’urbanisme à Brasilia
http://www.icomos.org/docs/athens_f.html Texte de la charte d’Athènes
http://socio13.wordpress.com/2007/12/16/niemeyer-le-communiste-qui-dessinait-des eglises/ Article biographique sur Niemeyer
http://fr.encarta.msn.com/encyclopedia_761573880/niemeyer_oscar.html Article internet d’Encarta sur Oscar Niemeyer
http://www2.ac-lyon.fr/services/bresil05/pages/architecture.html Article de l’académie de Lyon sur différents bâtiments et monuments de Brasilia.
http://whc.unesco.org/fr/actualites/402 Article de l’Unesco sur Brasilia, patrimoine mondial.