Métissage, révolte et espoir : un article de Selene O. Terminale L
Le 13 novembre 2008 les élèves du groupe terminale histoire des arts sont allés à l’auditorium conciliazione voir le dernier spectacle du couple de chorégraphes français Montalvo-Hervieu : « Good Morning, Mr Gershwin »
Un spectacle de métissages
La scène est composée d’un grand écran sur le fond, d’une cabine décorée de tags avec deux échelles qui permettent de monter sur le toit qui va devenir une scène sur la scène. Dès que le spectacle commence, une vidéo est projetée sur l’écran représentant un château de sable au milieu de la mer et des personnes qui nagent sur une musique d’inspiration jazz.
Pendant que le spectateur se concentre sur cette projection, apparaît sur scène devant la cabine une danseuse avec une robe rouge. Elle est accompagnée d’autres danseurs, d’origine européenne et africaine qui commencent à danser du hip-hop, du tip-tap ; une danseuse est sur les pointes, une autre danse comme au cabaret ou encore d’autres improvisent de la brack dance. On voit donc dès le début un mélange très important de styles différents et de traditions culturelles diverses tandis que sur l’écran outre la présence de la mer, on voit aussi des animaux, des éléphants et des chèvres. La danse se mélange à la video. Les danseurs jouent avec les images.
Les corps présentent une grande diversité de part leur couleur, mais aussi parce que certains sont plus grands d’autres plus petits, certains plus minces, d’autres plus gros. Ils sont tous habillés de façon différente. Une danseuse, dont on ne voit d’abord que la silhouette nue, est plutôt ronde et enveloppée. Elle montre qu’elle veut maigrir mais cède à la tentation de manger ce qui suscite les rires des spectateurs.
Diversité des réactions suscitées chez les spectateurs qui alternent rires et l’émotion.
Mélanges des arts, mélanges des danses mais aussi mélanges des musiques : jazz, musique africaine, musique symphonique.
« Ce qui nous enchante chez Gershwin c’est la porosité, la capacité de passer de Carnegie Hall à Broadway et Hollywood, sans amalgame, sans mettre au même niveau mais en jouant librement de cette diversité. » dit José Montalvo.
Entre la révolte et l’espoir :
Vers la fin du spectacle apparaît sur l’écran une petite enfant africaine de 3-4 ans qui pleure sans cesse. Des images d’africains au visages tristes, désespérés, souffrants apparaissent sur le fond. La pauvreté est mise en avant ainsi que le manque d’eau potable… mais aussi la révolte. On voit des images de manifestations contre le racisme sous un fond de musique symphonique, lourde. On est passé en peu de temps de la fanfare à la dénonciation sociale et politique.
Cependant le spectacle se termine avec la même enfant qui sourit, des visages joyeux ; les danseurs sur scène sont gais, la musique est mouvementée… tous les styles se mélangent de nouveau. L’espérance revient.
Pour finir la soirée, après les applaudissements des spectateurs, les danseurs chantent, a capella, une belle chanson africaine.
On ne peut s’empêcher de penser à l’élection du président Obama toute proche.
Selene.O, terminale L.